Mardi dernier, l’horreur a marqué les esprits de toute la planète à l’annonce de l’attaque chimique présumée à Khan Cheikhoun, dans le nord-ouest de la Syrie.
Fortement mis en cause, le régime de Bachar al-Assad se défend de toute utilisation de substance chimique ou toxique. Saisi, le Conseil de Sécurité de l’ONU doit déterminer s’il y a, ou pas, violation du droit international sur l’interdiction d’utilisation des armes chimiques, en vertu de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques (CICA) dont la Syrie est Partie.

Le 13 janvier 1993, à Paris, eu lieu la cérémonie d’ouverture à la signature de la Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l’emploi sur les armes chimiques et leur utilisation. Cette Convention est entrée en vigueur 4 ans plus tard, le 29 avril 1997.
De nos jours, seuls 4 pays ont refusé de la signer : le Soudan du Sud, l’Angola, l’Egypte et la Corée du Nord.

La CICA est unique, et est considérée aujourd’hui encore comme un des plus grands succès en matière de désarmement. Elle fonctionne suivant 3 principes :

– l’interdiction complète des armes chimiques ;
– la destruction des arsenaux existants ;
– la vérification des engagements pris dans le cadre de la Convention, placée sous l’égide d’une institution indépendante, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.

Le cadre de la négociation de ce traité, entièrement multilatéral, avec la participation active de l’industrie chimique du monde entier, ouvre la voie à une plus grande transparence et à une égalité d’application à tous les Etats Parties.
L’Union européenne apporte un soutien financier important à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, dans le cadre de la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive.
Mais les Etats-Unis et la Russie sont encore les deux pays de la planète possédant le plus grand stock d’armes chimiques ou toxiques en raison de temps nécessaire à la destruction de celles-ci.

Le 14 septembre 2013, la Syrie a ratifié la Convention. Depuis, elle est censée avoir détruit son arsenal chimique aux termes d’un accord américano-russe d’août 2013.