Plus de 83% des électeurs inscrits sur les listes électorales consulaires n’ont pas exprimé leur voix lors de ce second tour des élections législatives. Supérieur à celui de 2012, ce taux d’abstention m’inquiète car ce n’est que la deuxième fois que les Français de l’étranger ont l’opportunité d’élire leurs représentants à l’Assemblée nationale. Je crains que ce manque de mobilisation ne décrédibilise la représentation des Français établis hors de France et n’entraîne la suppression de ces fonctions de députés, pourtant essentielles pour que leurs intérêts soient défendus dans les deux Chambres. A ce titre d’ailleurs, je salue la volonté des nouveaux députés des Français de l’étranger de former un groupe de travail afin de présenter un front uni devant le Parlement.

Pour revenir sur la très faible participation des 17 et 18 juin derniers, notons qu’elle a fait des députés des 8ème et 9ème circonscriptions de l’étranger ceux élus par le plus petit pourcentage d’inscrits de tout l’Hémicycle (moins de 7% des inscrits). Les conditions d’accès aux bureaux de vote lors des dernières élections présidentielles et la suppression du vote électronique n’ont pas aidé à mobiliser nos concitoyens. Il est primordial que le gouvernement s’engage activement à faciliter l’accès au vote pour les Français résidant à l’étranger, et le rôle des parlementaires sera à ce titre essentiel. Faut-il rappeler que le mouvement En Marche! a été largement plébiscité lors des deux dernières échéances électorales par les Français de l’étranger ? Espérons que les promesses qui leur ont été faites ne se révèlent pas avoir été de la poudre de perlimpinpin…

Enfin, je tiens à revenir sur le remaniement ministériel qui a suivi les élections législatives, comme le veut notre tradition républicaine. Comme nombre d’entre vous, j’espérais que ce remaniement soit l’occasion pour le Président de nommer un secrétaire d’Etat chargé des Français de l’étranger comme cela a été le cas en 2012. Malheureusement, parmi les 11 nouveaux secrétaires d’Etat nommés pour alléger les portefeuilles de certains ministres, aucun ne s’est vu attribuer ce domaine. Le pôle Français de l’étranger reste donc sous la tutelle directe de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Espérons qu’il lui accorde l’attention nécessaire, au regard des spécificités et des besoins de nos compatriotes à l’étranger. Nous en aurons le cœur net lors de la session AFE d’octobre prochain !