Le scrutin du premier tour de la présidentielle a mis un terme à l’une des campagnes les plus inédites que j’ai connues. Les électeurs ont décidé de porter au deuxième tour Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Je ne m’attarderai pas tant sur ce résultat que sur ce qui suit. Pour la première fois de la Ve République, aucun candidat des deux «gros partis» ne participera au duel final pour l’Elysée. Il revient aujourd’hui à l’ensemble de la classe politique mais plus encore à celle de ces partis de tirer les enseignements d’une pareille débâcle. Notre vie politique n’est plus bipolaire, et une fois les élections législatives passées, il va falloir s’adapter à cette nouvelle donne.

Ceci étant dit, je suis heureux que plus de 44% de nos compatriotes à l’étranger se soient déplacés ou mobilisés pour participer à ce 1er tour de scrutin ! Ce chiffre, nettement supérieur à celui de 2012, est révélateur du lien fort qui unit nos compatriotes établis hors de France à la vie politique française. Mais il est aussi en grande partie le fruit de la forte mobilisation de vous tous, élu(e)s de la République, qui avez renseigné et encouragé vos compatriotes à s’inscrire sur les listes puis à se rendre aux urnes. Enfin, nous pouvons nous réjouir du déroulement de ce scrutin aux quatre coins de la planète, car fort heureusement, en dépit du contexte actuel délicat pour la France et ses citoyens, nous n’avons aucun incident à déplorer.

Sur ce dernier point, je tiens toutefois à partager une crainte : le ministère des Affaires étrangères a été alerté par de nombreux bureaux de vote des interminables files d’attente constatées dans de nombreuses circonscriptions. Cela a fait peser un gros risque sur nos compatriotes ! La multiplication des attaques terroristes partout dans le monde et la banalisation des méthodes employées exigent de nos institutions qu’elles prennent encore davantage de mesures de sécurité afin de garantir à nos concitoyens les meilleures conditions d’exercice du devoir démocratique. Une révision du dispositif pour le second tour s’impose, en améliorant le fonctionnement des bureaux de vote et en repensant leur accessibilité lorsque cela est possible, en recrutant davantage de bénévoles et en autorisant des dérogations concernant les plages horaires.

Dans une dizaine de jours, nous serons appelés à voter pour le (ou la) prochain(e) président(e). Cela tombe le week-end du 8 mai, où la France commémorera la capitulation de l’Allemagne et la fin de la 2nde Guerre mondiale en Europe. J’espère sincèrement que le choix de cette date pour la tenue du second tour de scrutin n’occasionnera pas une trop forte abstention en métropole. Et à l’étranger, que les longues heures d’attente supportées lors du premier tour ne dissuaderont pas les électeurs de revenir se prononcer pour le second, et pour l’avenir de notre pays pour les 5 prochaines années.