Le Maroc a annoncé l’interruption jusqu’à nouvel ordre de ses liaisons avec la France en raison du coronavirus. Des milliers de ressortissants français se retrouvent donc bloqués dans tous les aéroports du pays et sans autre solution de retour. L’équipe de l’ASFE a souhaité interrogé Geneviève Euloge, Conseiller consulaire au Maroc, circonscription de Marrakech, afin d’en savoir davantage sur cette situation.

Quelle est la situation actuelle au Maroc concernant les Français bloqués ?

La situation est assez difficile à gérer dans la mesure où il y a peu d’avions et que dès que les vols sont mis en ligne, les gens se ruent sur l’achat. Le 17 mars il y avait 14 vols pour la France au départ de Marrakech : 3 Air France, 5 Transavia, 6 Easy Jet, tous pleins. Par contre, les choses sont compliquées pour beaucoup de Français qui n’ont pas les moyens d’acheter des billets dont les prix fluctuent entre 600 et 1400 euros. Chose honteuse en période difficile où les gens se retrouvent perdus dans un pays étranger, loin de leur famille avec l’incertitude du lendemain.

Beaucoup rencontrent des problèmes financiers avec des cartes électroniques qui ne fonctionnent pas faute de disponibilités financières. L’inquiétude est grandissante car en cas de maladie, il faut payer avant de se faire hospitaliser ici. Notre pays n‘est pas conscient de ce désarroi dû au stress de se retrouver à l étranger. Heureusement qu’une solidarité existe chez les Marocains et entre certains Français qui essaient d’apporter une aide maximum en les hébergeant.

Existe-t-il d’autres solutions de rapatriement ?

A ma connaissance et celle de l’Ambassade et des Consulats, nous n’en avons pas d’autres malheureusement. Nous nous sentons abandonné. A l’inverse d’un pays comme la Belgique par exemple qui n’a pas hésité à envoyer des avions gratuitement pour ces ressortissants.

Quelles sont les conséquences de ce blocage pour les Français du Maroc ?

Nous ne sommes pas encore en mesure de l’évaluer, tant qu’ils ont l’espoir de pouvoir repartir. Nous allons voir les répercussions d’ici le 19 mars au soir ou il n’y aura plus rien et là je saurai quoi vous dire. Mais il est certain que nos touristes ne sont pas prêts de revenir ou d’encourager des amis à venir. Il est évident que la prise de décision subite du gouvernement marocain n’a pas permis au gens de se retourner et de s’organiser. Maintenant tout s’explique aussi, nous sommes dans un pays qui a pris des mesures radicales, faute de moyen surtout médicaux et qui a anticipé la montée de l’épidémie. Chez nous la demi mesure n’existe pas dans les cas d’urgence…